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Le toucher, créateur de liens

Dernière mise à jour : 22 nov. 2020


Lors d'une journée de formation en communication par le toucher (1ère année), une expérience citronnée s’est présentée à moi.

Celle-ci m’a donné envie de vous partager les bienfaits que le toucher peut procurer ainsi que le rôle qu’il peut avoir en tant que créateur de lien.




Le toucher est le premier sens que nous développons. Il apparait déjà lors de notre développement embryonnaire et fœtal. In utero, ce sens s’affine petit à petit et permet au bébé de réagir aux stimuli tactiles externes et de faire face à ses propres mouvements lors du contact avec la paroi utérine.


Ce sens est d’ailleurs mis en avant dans l’haptonomie. Cette préparation à la naissance permet d’installer une relation affective par le toucher, outils de la communication.

Lors de ma pratique, je m’aperçois de plus en plus que lorsque les parents recherchent, par une simulation tactile, une réponse par mouvement fœtal, celle-ci est rarement obtenue. Cette situation, je l’ai rencontrée plusieurs fois au cours de mes séances en massage périnatal. Des papas et/ou des mamans ne sentant pas leurs bébés bouger à chaque fois qu’ils essaient d’entrer en communication avec lui. Cette même demande sera perçue différemment par votre bébé, si à la place de lui demander un résultat, vous mettiez de la présence dans votre toucher. Il réagira autrement. Par ce fonctionnement, on lui permet une liberté et l’on s’ôte une éventuelle déception.


Faisons aussi attention que notre toucher du quotidien pourrait être teinté de la rencontre précédente que nous avons eue. Pour établir un toucher positif et agréable, il faut partir curieux, rester ouvert à la nouvelle rencontre. Écouter ce que nous dit l’autre par ce contact.


Lors de sa naissance, l'enfant vit une différence de sensations in et extra-utéro brutale. Il passe d’un milieu confiné, chaud et humide à un milieu aérien, grand et froid. Ces changements traduisent une des raisons de ses pleurs. Qui ne serait pas perdu avec un sentiment d’insécurité face à cet immense vide nous entourant ? La main maternelle vient alors apporter un apaisement avec un toucher chaud, contenant et sécuritaire. Ce toucher rassure et est créateur de liens.


Le toucher enclenche une stimulation sensorielle ainsi qu’une production d’hormones qui permet au processus d’attachement de se mettre en route.

L’OMS recommande le peau à peau lors des deux premières heures de vie du bébé pour différentes raisons dont l’activation des interactions précoces maman-bébé. Des études l’ont prouvé, ce premier toucher favorise les comportements d’affection, de lien et d’attachement de la mère. D’après Jérome Pignol, Véronique Lochelongue et Olivier Fléchelles,

« Le processus d’attachement est très complexe. Il est sous la dépendance d’une programmation comportementale innée, de stimulations sensorielles multiples, de sécrétions hormonales et d’échanges émotionnels entre la mère et son nouveau-né. L’équilibre est fragile, et toute intervention en fragilise la mise en place, en particulier, les routines hospitalières de la salle de naissance. »


Dans la situation du peau à peau, une production d’ocytocine (aussi appelée « hormone de l’amour »), permet de modifier notamment le comportement de la mère afin de faciliter l’interaction avec son bébé


Le toucher est un sens en éveil permettant à l’attachement de naitre et de se développer de lui-même.

Le massage bébé, soin de plus en plus répandu dans le secteur de la périnatalité, présente, lui aussi, différents bénéfices comme la mise en place et le développement de l’attachement, le lien parent-enfant, la stimulation des systèmes vitaux et le soulagement de certains maux. Il installe aussi la place d’un cadre sécuritaire et permet la relaxation chez le bébé.


Attention, même si le toucher est important de la période anténatale jusqu’à l’âge adulte, celui-ci doit se limiter et demande pour cela une écoute de l’autre. Les interactions chez le tout petit ont un temps limité. Il faut pouvoir s’arrêter pour permettre à l’enfant de revenir ultérieurement.




Julie Duhoux.



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